Pauvreté, précarité, misère, indigence, dénuement, privation…les mots ne manquent pas dans la langue française pour définir la situation de millions de personne dans notre pays. Ces mots si faciles à écrire, à dire, si souvent utilisés sont le reflet d’une réalité de plus en plus banale.
On oublie souvent que derrière ces mots se cachent les histoires, les parcours de vie de personnes en difficulté qui se privent un peu plus chaque jour de l’essentiel. Pour que ces mots ne soient plus seulement des termes communs de la langue française mais bien une réalité présente dans l’esprit de chacun, le Secours populaire organise chaque année la campagne « Pauvreté-Précarité ».
Sensibiliser le public, faire prendre conscience et inciter à l’action font aussi partie des missions que s’est donné le Secours populaire car la mise en mouvement de la solidarité passe nécessairement par l’engagement de tous. Que cet engagement soit bénévole ou financier, chacun est invité à faire ces petits gestes qui peuvent changer beaucoup.
Cette année, lors de la campagne « Pauvreté-précarité », le Secours populaire met l’accent sur différents thèmes et particulièrement sur l’accès aux soins, au travers de son numéro exceptionnel de Convergence, Alerte Pauvreté.
Témoignage d'une personne de la commune de Champagne sur Seine. "Ma femme et moi nous sommes un couple uni mais on s’est connu dans la misère. Dettes, RMI, huissiers au cul, plus le diabète et la maladie respiratoire, on a été obligé de prendre un prêt pour payer et ne pas se retrouver à la rue. Aujourd’hui ma retraite sert à rembourser les intérêts du prêt à taux maxi. Alors ça va un peu parce que le diabète et le respiratoire sont pris à 100% mais toutes les autres maladies ne sont pas prises en charge. Nous n’avons pas le droit à la CMU parce qu’avec le cumul de nos 2 retraites on dépasse le plafond. Ils ne tiennent pas compte des dettes. On se prive de tout. Aux repas c’est pâtes, steaks congelés, riz et parfois des légumes alors qu’à cause du diabète on ne devrait pas manger comme ça. Je n’ai plus eu le droit à la CMU alors je n’ai pas pu continuer à me soigner et surtout pas les soins dentaires qui sont chers. J’ai une mauvaise dentition depuis que je suis petit à cause de mon père qui me cassait les dents à coup de manche à balai. Ça n’a jamais été soigné alors quand ça fait trop mal je les arrache tout seul. Y en a même une que j’ai cassé et y a un bout qui est resté. Je rends honneur, j’ai une grande estime au SPF d’ici, aux responsables et à toute l’équipe très gentille qui se consacrent beaucoup aux autres. Ce sont des gens que j’adore." |