Vendredi 30 Mai : Nous avons rendez-vous à 8h, à l’hôtel, avec Jospeh pour faire un point sur les charges sociales, il est clair que le SPF a bien réglé toutes les charges sociales de 2007. Nous décidons donc de passer voir L.D. Sawadogo pour lui donner ce document et lui demander de faire le nécessaire pour régler au plus vite auprès de la caisse de retraite. Nous en profitons pour lui remettre une valise de chaussures de sport pour la FIJAS (dons Carrefour) sur les 3 que nous avons emmenées. Il remercie chaleureusement le SPF pour ce cadeau et nous précise tout de suite son emploi : cadeaux de fin d’année pour les élèves de la FIJAS, « ce sera un beau noël cette année ».
Pendant ces discussions les nuages menacent puis la grosse pluie s’abat sur Ouaga. Fabrice le chauffeur nous dépose au cyber et pendant que nous envoyons nos différents mails, nous apercevons par la fenêtre notre voiture poussée par un camion en folie !! Tout le monde dans le cyber sort voir ce qui se passe, tout le monde rigole : le camion n’a pas de freins, ne peut pas s’arrêter et le chauffeur crie : « dégagez la voie ! ». Fabrice tranquillement stationné, ne l’a pas pris pour lui : erreur fatale ! Bilan : l’arrière de la voiture un peu défoncé, quelques rayures et plein de palabres.
Nous allons à la FIJAS à la rencontre du président du SPB. En son absence nous laissons un message pour qu’il s’active pour les versements des cotisations. Nous réglons à Joseph son salaire du mois de Mai. Nous allons ensuite déjeuner avec Joseph et Fabrice dans une « luxueuse » pizzeria où du coup nous mangeons… des sandwichs (moins de 2€ le sandwich, le budget n’est pas explosé !) . Le ventre plein (ou presque pour Bertrand) et la portière réparée, il est temps de prendre la route pour Boulsa.
Bertrand en profite pour découvrir l’originalité du paysage burkinabé : plat, rouge et mouillé. Devant tant de merveilles il s’endort 10 minutes plus tard.
Pour rejoindre Boulsa, plusieurs pistes sont possibles, Joseph pensera trop tard à se renseigner sur l’état de celles-ci, nous ferons un petit demi-tour de 25km. Arrivée à Boulsa vers 18h, Joseph et Fabrice nous quittent pour Dargo, et nous prenons nos chambres à l’association Nassongdo. C’est charmant fleuri, le wifi nous attend dans nos chambres…mais aussi les termites et autres éphémères qui attaquent la chambre de Bertrand. Ces bestioles bizarres, attirées par la lumière, perdent leurs ailes de libellule pour courir partout : une mission d’urgence est lancée : acheter du pschitt foudroyant !! Nous vidons la moitié des bombes dans les chambres et partons dîner. Et non… Aujourd’hui il n’y a pas dîner ! Oh malheur pour Bertrand ! Bananes, gateaux et Fanta font pourtant le bonheur de Brigitte, Bertrand râle de rester sur les amuse gueules. La soirée n’est pas terminée, nous préparons la réunion sur Dargo du lendemain avec Nasongdzanga. Nous faisons également un point sur les comptes et arrivons péniblement à accéder aux mails. Il est minuit, largement l’heure d’aller au dodo.
Samedi 31 mai 2008 : Départ à 8h20 pour Dargo après un super petit déjeuner (les retrouvailles de Bertrand avec le chocolat ! Miamm ! ). Arrivés à Dargo nous saluons les responsables de Nasongdzanga . Nous décidons de faire d’abord un tour des installations avant le cagnard. Nous nous déplaçons sur les sites des 6 nouvelles bornes (qui sont toutes en état de marche, mais pas encore terminées : ciment, toît…)
Nous allons aussi sur des forages à réparer et au château d’eau. Nous pouvons constater que les bornes sont bien disséminées dans le village et les partenaires nous affirment qu’avec les réparations des forages, tous les quartiers de Dargo seront touchés par l’adduction d’eau potable. En chemin, ils nous font part des différentes améliorations apportées à l’AEP (adduction d’eau potable) :
- il y a une vanne pour couper l’eau entre chaque borne, ce qui permet de ne pas couper tout le système si il y a un problème sur une borne.
- Un petit écoulement est prévu au pied de chaque borne fontaine avec une rigole qui amène vers un bassin où les animaux peuvent boire. Aucune goutte d’eau n’est perdue.
Sur le projet il est prévu de réparer 7 forages.
De retour au centre communautaire, nous évoquons les différents points de gestion de l’AEP.
Comment fonctionne la distribution de l’eau actuellement ? Une borne est ouverte le matin, l’autre l’après midi, chaque jour même le dimanche. Il y a 2 fontainiers qui tiennent une comptabilité sur un cahier et reçoivent les recettes. Les gestionnaires, Elise et Ernest, passent chaque jour ouvrir et refermer les bornes, remettre les cahiers et récupérer cahier et recette déposée à la caisse populaire. Pour ce travail, les fontainiers sont payés 2500 FCFA par mois, idem pour le gardien et 2000 FCFA par mois pour les gestionnaires . Les gestionnaires tiennent un cahier récapitulatif des dépenses mensuelles, récapitulant les salaires et les dépenses de fonctionnement, qu’ils font valider chaque fin de mois lors d’une réunion du bureau de Nasongdzanga. Nous pouvons voir que la gestion des comptes est extrêmement bien tenue. Pour l’extension, Nasongdzanga envisage d’avoir la même gestion. La formation des fontainiers est envisagée dès que les bornes fontaines seront opérationnelles. Concernant la formation, Nasongdzanga souhaite faire une formation à la gestion financière pour l’ensemble des membres du bureau.
La sensibilisation de la population à la consommation d’une eau de bonne qualité, sera faite dès la mise en fonction des nouvelles bornes.
On explique les difficultés de trésorerie que cela peut poser au SPF (il n’est pas évident de tout décaisser en très peu de temps).
Nous terminons la rencontre en abordant 2 points :
Les projets futurs de Nasongdzanga : clôture du centre communautaire, auberge, 2ème château d’eau, fabrique de savon… Nous précisons que si nous pouvons les aider personnellement à construire des dossiers, faire jouer le réseau, les projets ne se feront pas avec le soutien financier de la FD 77.
L’EAD : Nous confions un appareil photo à Roland pour qu’il prenne la vie quotidienne des gens de Dargo.
Nous rencontrerons demain matin des vieux qui nous raconteront les traditions de Dargo.
L’heure du repas (14h) a (enfin !) sonné. Au menu riz-sauce, poulet grillé. La délivrance pour Bertrand qui s’était mis en mode « économie d’énergie » depuis un moment. Le tout est excellent (et oui Thom ! ) et en grande quantité. Nous parlons de la flambée des prix et le discours est unanime : tout a beaucoup augmenté et particulièrement les denrées de base (mil, maïs, riz). La situation est difficile pour beaucoup de familles. Le pire est à venir puisque les récoltes ne seront là que dans 4 ou 5 mois. Nous prenons congé pour arriver à Boulsa vers 16h, et une douche plus tard nous commençons ce compte rendu.